Et surtout pas de procès, Maître !

Là voilà la demande : après avoir exposé la difficulté rencontrée, le Client demande bien normalement à l’avocat de résoudre cela sans procès.

Oui bien sûr, savez-vous tout de même qu’il faut être deux pour danser un tango ? Et qu’il faut inviter avec gentillesse si on veut espérer.

Pour éviter que le partenaire pressenti s’enfuie dès le départ la première chose est de l’aborder sans violence ni menaces. Mais s’il reste dans le déni, il faut bien passer au débat contraint.

Voyons les choses positivement : le procès c’est contraindre l’autre à participer à un débat qu’il voulait fuir. Vous direz « En assignant on attaque et c’est la guerre, pas le dialogue ». C’est vrai, ceci étant on peut assigner avec des mots choisis, dans l’intelligence, avec des points d’interrogation plutôt que d’exclamation. Inhabituel dans les mœurs sans doute, mais les mœurs sont faites pour évoluer.

Si l’assignation est subtile, la médiation se lit en interligne.

Pour rencontrer encore mieux le « Et surtout pas de procès, Maître ! » j’ai développé la médiation juridique. La médiation juridique consiste à ce que l’avocat qui est aussi médiateur soit chargé par son client de rencontrer l’autre partie dès le début, avant toute réclamation, en vue de lui exposer le problème qui se présente, l’inviter et la sensibiliser à l’intérêt d’une médiation hors procès. Si la partie opposée fait confiance et accepte de débuter la médiation, l’avocat-médiateur quitte définitivement son rôle d’avocat et devient uniquement médiateur des deux parties. Sa seule et dernière mission sera de tout faire pour trouver un accord dans un climat de confiance partagée. Si l’accord n’a pas lieu, le Médiateur doit quitter le terrain définitivement.

Le médiateur juridique multiplie ensuite les contacts, rencontre en se déplaçant, organise des échanges téléphoniques, des vidéo-conférences, … un peu à l’instar d’un émissaire de l’ONU qui travaille le terrain jusqu’au rapprochement des protagonistes.

La médiation juridique(hyper-lien avec l’onglet de litis s), est une manière actuelle et mature d’aborder ses conflits. Je le pense. En tout cas il faut essayer.

Octobre 2018

 

photo: pixabay

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Me Bruno-Henri Vincent
Spécialiste en droit du travail - Litis S

Me Bruno-Henri VINCENT a obtenu sa licence en droit en 1985. Il a aussitôt débuté sa carrière comme conseiller juridique en droit social pour les entreprises d’une grande association interprofessionnelle d’employeurs et ensuite d’un secrétariat social agréé. Ceci lui a permis de maîtriser d’emblée les subtilités et technicités du monde du travail en Belgique.
Après cet écolage, dès 1991, il a choisi de mettre ses compétences au service des clients de son cabinet d’avocat. Le Barreau de Bruxelles lui a reconnu en 2003 le titre d’avocat spécialiste en droit du travail.
En 2006, Me Bruno-Henri VINCENT fonda LITIS S, une association d’avocats profilée pour se développer exclusivement à travers le droit du travail et apporter sa meilleure expertise pour résoudre les litiges de la vie professionnelle.
Me Bruno-Henri VINCENT est aussi médiateur agréé en matière sociale. Il est membre fondateur de l’Asbl Médiation et conciliation sociale regroupant magistrats, avocats et DRH qui s’investissent dans l’art de la médiation sociale (www.mcsociale.be). Il pratique régulièrement, avec le plein accord de ses clients, le recours aux modes non judiciaires de résolution des conflits.
Il contribue à des ouvrages juridiques et publie régulièrement dans la presse. Il est sollicité comme conférencier dans ses matières de prédilection. Il a aussi enseigné durant plus de 20 ans le cours de législation sociale pour responsables du personnel au sein de l’Institut d’Administration des Entreprises.
Me Bruno-Henri Vincent est inscrit au Barreau de Bruxelles